Histoire du vin (3/6) – La naissance des crus

La naissance des crus

A la fin du XVIII ème siècle, seuls quelques vins de Graves et du Médoc, Haut-Brion, Margaux, pénètrent sur le marché londonien et atteignent des prix élevés. Dans le premier quart du XVIII ème siècle, les nom de Laffitte et Latour apparaissent. Désormais on ne désigne plus un grand vin de Bordeaux par son origine, mais par son nom de château ou de domaine et par son millésime ainsi que sa classification en Premier Cru, Second Cru et Troisième Cru. La qualité des Terroirs est enfin révélée ; l’âge de la vigne ; l’élevage en fûts neufs et la stabilisation naturelle des vins.
En 1855, est opérée la première classification des vins de Bordeaux.

histoire vignobleLa Bourgogne se distingue également ; mais contrairement au Bordelais où les propriétés atteignent souvent plusieurs dizaines d’hectares, ici, elles sont souvent constituées en Clos de quelques hectares et dès le Moyen-âge, leurs noms sont connus : Clos de Vougeot, Clos de Romanée…
Au XVII ème siècle, les plus beaux Crus passent dans les mains de puissants parlementaires dijonnais. Et, tous ces Crus se situent en Côte de Nuits. Au moment de la Révolution, tout était en place pour favoriser l’épanouissement des Grands Crus. Les noms de Communes s’affirment avec les mentions de Grand Cru, Premier Cru et aussi les climats réputés. Ici, comme dans le Bordelais, la couleur du vin rouge fait son offensive malgré les réticences de certains qui préconisent encore l’assemblage du Pinot Noir avec du Pinot Blanc et du Chardonnay.
La personnalité des vins blancs s’affirme.
Le Millésime est au vin, ce que la date est à l’histoire avec la résurgence de délicats souvenirs.
C’est un point de repère ; le déclic qui évoque de grandes joies olfactives et gustatives.

Les vins de Champagne vont quant à eux vivre leur grande Révolution.
En effet, ils existent depuis le Moyen Age, mais ils n’étaient alors que des vins rouges tranquilles, issus d’un ancêtre du Pinot Noir, et faisant parti des Crus d’Ile de France. Ils commencèrent à prendre leur essor à la fin du XVIème siècle avec l’installation sur la commune de Sillery d’une riche et influente famille parisienne. Ils avaient en tête d’améliorer la qualité des vins du vignoble champenois. En 30 ans, les vins de Champagne arrivent à la Cour. Peu à peu, la dénomination, Vin de Champagne rentre dans le langage.

Mais, la grande Révolution eut lieu, à partir de 1668, lorsque l’abbé Pérignom est nommé à l’abbaye d’Hautvillers, aux portes d’Epernay. Il va découvrir la seconde fermentation en bouteille. Le Champagne à bulles est né. Il connaîtra son essor à partir du XVIIIe siècle grâce aux anglais.

A côté de ces deux grands vignobles et celui du pétillant Champagne, existent ceux des vins communs où le volume écrase la qualité. Au début du XIX ème siècle, 60% des vins produits dans l’Hérault sont distillés en eau-de-vie. Ces eaux-de-vie, à elles seules représentent 40% des alcools forts en France.
Le maître mot du XIX ème siècle : la couleur. Le vin ordinaire est foncé même s’il n’a aucune autre qualité ; c’est le « gros rouge qui tâche » que l’on coupe avec de l’eau par soucis d’économie.

Vers 1850, la production s’établissait entre 40 et 55 millions d’hectolitres. Les différences de production d’une année à l’autre proviennent des gels, mais aussi des dégâts causés par les insectes.
En 1841, un propriétaire de Bourgogne trouve un remède aux insectes ; il suffit de verser de l’eau bouillante sur chaque cep.

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